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Témoignage de Isabelle

Posté le : 18/01/2010 à 17:50. Vu 3431 fois. 516 mots

Bonjour,
Je suis tombée par hasard sur ce site et vraiment, ça m'a fait du bien de voir qu'Internet peut lever certains tabou.
J'ai été opérée de ce truc hallucinant en 1982 je crois… quand j'étais jeune et en pleine forme (j'ai pas dit grosse attention…).

C'est une douleur épouvantable et subite (là où c'est bien gênant d'en parler à ceux qui ne font pas partie du corps médical) qui m'a fait courir en consultation en urgence à l'Hôpital de la Citée Universitaire de Paris, car j'étais étudiante à l'époque.
Je précise, j'ai une pilosité normale pour une femme de type européen, teint clair et cheveux châtain blond.

On m'explique ce qui se passe : poil à l'envers ( quoi ????), infection, opération etc… On fixe l'opération pour le lendemain et je repars avec une ordonnance de calmants. Merci la chimie moderne.

J'y retourne le lendemain avec mon bagage, à jeun, les genoux qui tremblent et une douleur due à l'abcès surinfecté qui me rendait presque suicidaire…

L'opération en elle-même fut un Black Out total. Du moment qu'on avait vidé l'abcès… et que j'étais semi comateuse…
Je ne me souviens plus exactement de tous les détails., mais celle de la douleur de ces pansements interminables tous les matins avec une infirmière pourtant super délicate et patiente, ça impossible de l'oublier. Cette douleur a fini par s'atténuer de jour en jour, donc courage à ceux qui vont le subir… Accrochez-vous, la trajectoire va dans la bonne direction.

Apparemment ça a changé mais à l'époque je suis restée deux semaines entières dans cet hôpital… je mourrais d'ennui, et pas facile d'expliquer aux copains les détails de pilosité aventureuse. On a quand même eu quelques fous rires, j'ai même eu une copine de chambre qui avait la même chose. On nous appelait les canards quand on partait faire un tour dans le couloir. Il y avait un Monsieur opéré des hémorroïdes, ça n'avait pas l'air mieux, il avait des laxatifs à prendre qui l'obligeaient à courir, et franchement, il avait la haine.
L'hôpital c'est un monde à part…

Les pansements à la maison (ou plutôt dans ma chambre de bonne riquiqui) ont duré encore quelques semaines, au début, j'allais dans un dispensaire, puis j'ai pu continuer toute seule jusqu'à guérison complète et DEFINITIVE.

Aujourd'hui il me reste un début de raie des fesses troublé par cette cicatrice. Heureusement à l'époque les jeans n'étaient pas taille basse et personne ne pouvait la voir, à part mes amoureux. Aujourd'hui je n'ai pas l'âge des tailles basses donc pas de risque de dévoiler mon arrière train aux passants quand je relace mes chaussures.
Mon mari (ensemble depuis 1985) ne m'a jamais fait de remarque à ce propos, j'en conclue que j'ai d'autres atouts.

Ce truc pilonidal ne vous laisse pas le choix, faut y aller, faut y aller… Mais c'est comme tout, on râle, on s'en sort,
et on tourne la page.
Alors courage.

Isabelle

Site fait en 2009.
Les choses que je dis ne sont peut-être pas toutes vraies, pour m'en parler écrivez-moi.
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