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Témoignage de Thibaud

Posté le : 31/01/2010 à 23:15. Vu 10809 fois. 1740 mots

Bonjour à tous !

Moi c'est Thibaud, 17 ans, Hérault. Typé "croisé" méditerranéen-allemand Pilosité assez importante, mais poils fins, châtains.

01 janvier 2008 :

Lendemain du jour de l'an, tout le monde est heureux, mais pas moi, je retrouve en allant aux toilettes un peu de sang au niveau de la raie des fesses. Mince, qu'est-ce que c'est ? Je me dis que ça doit être un petit vaisseau qui a pété ou quelque chose du genre.
Je me retrouver à paniquer, j'en parle à personne, je fais comme si je n'avais rien !
Deux semaines après, je retourne aux toilettes et là paf, beaucoup plus de sang qu'avant, il y en a même qui a un peu coulé sur mes cuisses, bref, pris de panique j'en parle à ma mère, qui avec beaucoup de délicatesse regarde ce qu'il se passe (oui ma mère est vraiment un ange).
Après une rapide vision de la situation elle me dit qu'elle voit une petite plaie assez profonde de trois centimètres de long environ. Elle me propose d'aller voir le médecin de famille. Je me "renseigne" sur internet, on me parle de plein de trucs style lésions anales et tout, j'ai peur, je regarde plus !

La visite chez le docteur, ça doit être le 20 janvier, le monsieur regarde, il dit que ça suinte, que c'est pas trop infecté mais un peu quand même, et qu'il faut faire refermer ça. Il est incapable de me dire ce que j'ai. Il pense que je me suis blessé, en jouant à des jeux homosexuels. Il me prescrit des compresses grasses à l'argent, de la bétadine, et demande à ma mère de me faire des pansements, bien nettoyer, essayer de faire cicatriser, bref, rien de très amusant.

3 mois passent durant lesquels c'est du pansement, des fausses joies lorsque ma mère me dit que ça s'est un peu refermé, et l'envie de pleurer lorsqu'aux toilettes, le peu de cher refermé se ré-ouvre avec plein de sang...
La gène est importante, je retourne voir le doc, il me dit de faire une radio. Il pense que c'est possiblement un fracture du coxis (je fais beaucoup de judo), qui m'a donné cette plaie. Il oublie l'homosexualité donc et m'envoie chez le radiologue. Le monsieur me regarde avec de grands yeux lorsque je lui décris mon parcours, il me dit sans m'osculter que ce doit être un kyste pilonidal. Il l'écrira dans un rapport.
Je vais voir mon doc, il regarde la radio, et me dit sans conviction, en lisant le rapport, d'aller prendre rdv avec ma Dermato. J'y vais, celle-ci m'osculte avec beaucoup moins de douceur, la visite me fait apparaître mes premières douleurs, et elle m'annonce la couleur : un kyste pilonidal.
Presque avec le sourire elle me dit de monter d'un étage et de prendre rendez-vous avec mon chirurgien.
Nous sommes en mai, celui ci me dit de venir vers le 15. Il m'osculte lui aussi, il me fait vraiment mal, il n'y va pas de main morte, je lui rappelle que contrairement à certains de ses patients je ne suis pas sous anesthésie !
Il me dit que le Kyste n'est pas infecté, mais qu'il est assez balaise, à cause du temps qu'on a mis à me le diagnostiquer.
Il me propose un choix :
Soit l'opération ouverte (avec une convalescence plus longue), et il me dit qu'il y a plus de chances de récidives.
Soit l'opération fermée, avec une convalescence plus rapide et moins douloureuse et moins de chances de récidives.

Je prends sans hésiter la deuxième solution, et comme ça ne presse pas trop, il part en vacances avec l'opération prévue pour début juillet. En attendant il me prescrit de la bétadine pour bien nettoyer avec une compresse, de l'héozine (le produit rouge pour sécher et assainir le "trou") et le séchage au sèche cheveux et le rasage fréquent.
L'été commence, je me mets au pli, ma mère s'occupe très bien de moi (rasage, séchage, nettoyage), le trou reste bien sain, plus de problème de suintement, je me sens bien.

L'opération arrive, je me retrouve à jeun, shooté comme les autres avec leur calmant, rasé par une infirmière très sympa. Tout le monde a pitié de moi, ils me plaignent beaucoup, ça fait un peu plaisir, après avoir passé 7 mois de galère.
On m'envoie au bloc vers midi (moi aussi le Chir était à la bourre).
Ma première opération, tout va bien, les gars du bloc sont très sympas, j'ai FROID ! Ils me piquent leur catétère dans la main, je sens un liquide (agréable) couler dans les veines, monsieur l'anesthésiste très sympa préalablement rencontré me souhaite de beaux rêves. Je me réveille quelques temps plus tard, la gorge sèche, un masque sur le nez, la tête dans l'cul.
On me ramène dans ma chambre, les infirmières se succèdent pour venir regarder mes fesses, au début je suis rouge de honte, après j'en rigole. On me change le pansement et le chirurgien est fier de lui.

A la maison je vais BIEN ! La gène, bien sûr, le pansement, le drain (que je nommerai Rex, ou Hector, selon mes envies), me suit partout, lié à ma plaie par un petit point que j'ai toujours peur de péter. Rex me suivra donc pendant 15 jours.
Les infirmières de mon village que ma mère connait bien s'occupent bien de moi, elles sont en extase devant mes fesses, elles disent : "ça change des p'tits vieux", avec humour, et ça me fait du bien. Certaines sont plus douces que d'autres, mais j'ai du avoir mal deux ou trois fois avec elles.
Ma hantise : les toilettes. Avec tous ces points (je suis ficelé comme un rôti), j'ai peur. Un jour, ça se fait, en prenant bien mon temps, après plusieurs échecs, j'en pleure de joie.

Quelques jours de soins après on me dit que de jour en jour tout va bien, peu de sang au début, plus du tout ensuite. A J+20 on m'enlève drain (qui ne m'a pas fait mal DU TOUT, le chirurgien a été très bon je l'en remercie encore, car tout le monde me disait que j'allais en baver.)

Plus de pansement, l'infirmière vient tous les deux jours sécher un peu et voir si ça va bien. A priori oui.

Visite de contrôle ok, le chirurgien est content mais il me met en garde : Si tu ne rases pas très souvent autour et sur ta cicatrices, tu as de forts risques de récidives.
Sur le moment je l'écoute, ma mère me rase tous les jours, puis on oublie une fois, deux fois, trois fois.
On ne rase plus.

A la toussaint, le désespoir, je retrouve du sang lorsque je suis au toilettes. Je vais directement voir le chirurgien, il me dit (en gros) que je suis un con. C'est une récidive, il n'y a pas de kyste mes les poils sont re-rentrés.
Il doit me cureter, je me fais cureter sous anesthésie locale je ne sens rien, juste un frottement de son bistouri contre ma chair, dure (au niveau de l'opération il se forme normalement, me dit-il, une peau épaisse et dure). Ceci fait, il me montre bien tous les poils trouvés (et pas qu'un). Il ne referme pas, ayant fait un petit curetage sans gravité, mais me laisse une mèche (enfin je crois), en tout cas une gaze grasse (comme au début du périple), à l'argent.
Le premier pansement m'a fait beaucoup de mal quand on me l'a retiré.
Les mêmes infirmières me connaissent bien, me sèche au sèche-cheveux, et me nettoient niquel.
ça se referme en 15jours, et bamos.

je suis hyper sérieux après, je me fais raser par ma mère toutes les semaines à 10jours, petit à petit la repousse des poils est plus longue. Je me fais des bains de sièges à la racine de bardane infusée, (conseillés par mon guérisseur pour renforcer la cicatrice et limiter la repousse des poils), je me retrouve 10minutes tous les soirs après ma douche, le cul dans la bassine préparée par maman, à lire un bouquin en attendant que ça se fasse. je fais ça pendant 1 mois.
A ma grande joie, et mon grand étonnement, la repousse des poils ralentit vraiment, je n'ai à me raser que toutes les trois semaines, et mes poils sont plus fins, ce n'est presque qu'un duvet.

Je passe l'année 2009 très en forme, tout va bien, rasage toutes les 3semaines/ ou 1 fois par mois parfois.

Jusqu'à avant-hier. Je suis allé aux toilettes, j'ai retrouvé un peu de sang, nous avions oublié de raser pendant un peu plus d'un mois au dernier rasage. Ma mère avait trouvé la cicatrice un tout petit peu plus rosée que d'habitude, mais aucune lésion (elle fait gaffe à chaque fois).
Avant-hier un peu de sang donc, ma mère a regardé, elle n'a rien vu de particulier.
Aujourd'hui, également, un petit peu de sang, je ne sais pas trop ce que c'est, et je refuse de croire à une récidive, je suis un peu triste, un mélange de frustration, de tristesse, et de non-inquiétude forcée.
Alors je suis venu sur ce site, j'ai lu l'intégralité des témoignages présents.
Ca m'a fait du bien de voir la multiplicité des cas, on se sent un peu épaulé, et en même temps on "replonge" dans le bain de cette vrai cochonnerie. La plupart d'entre vous ont connu les mêmes choses que moi, et je suis content de vous les avoir écrites.

Parce que même si c'est bénin et que c'est pas GRAVE, comme "maladie", que ce soit génétique ou à cause de la position assise trop longue, et bien je sais comme vous que c'est vraiment gavant, et j'espère qu'un jour on saura comment stopper cette ânerie une bonne fois pour toute ! Je vous souhaite à tous un bon rétablissement et vous tiens au courant si ça évolue pour moi =)

Bon Courage à tous !
Thib'.

Site fait en 2009.
Les choses que je dis ne sont peut-être pas toutes vraies, pour m'en parler écrivez-moi.
Rapha@kyste-pilonidal.fr