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Témoignage de Franck2p2

Posté le : 03/12/2011 à 17:45. Vu 4493 fois. 1779 mots

Bonjour,

Je viens aujourd'hui sur ce site vous raconter mon expérience, car il y a quelques mois lorsque l'on m'a diagnostiqué un kyste-pilonidal, ce site m'a bien aidé. Il m'a fait un peu peur je l'avoue, mais il m'a bien fait rire aussi et je me devais maintenant que l'intervention est passée y revenir.

Voilà j'ai quarante ans et cela fait plus de vingt ans que j'ai un kyste pilonidal, 20 ans que de temps en temps je retrouve des petites taches rouge et jaune en haut de mes caleçons, 20 ans que de temps en temps j'ai mal au coccyx quand je m’assois, mais cela dure 2-3 jours et ce n'est pas trop douloureux, juste une petite gêne. Je sentais bien une petite boule en haut de la raie des fesses mais pas ou peu douloureuse. Donc j'ai très bien vécu avec toutes ces années surtout que je souffre de 2 autres petits problèmes de santé qui m'obsédaient beaucoup plus...
En fait 20 ans que je pense avoir une hémorroïde mal placée jusqu'à ce jour de mars 2011.

Un matin je me lève et ma petite boule me fait mal! Pas grave ça va passer comme d'hab. Eh bien non!!!! La boule grossit encore et encore, pendant 5 jours impossible de me vautrer dans le canapé, de monter les escaliers et même de marcher, bon bah crème anti-douleur pour hémorroïde, çà marche pas mal, alors direction mon docteur de famille qui me soigne depuis 30 ans et là stupeur quand je vois son visage après qu'il m'ait examiné la boule.
Voici ses mots : "tu as un kyste pilonidal, je te fais un mot pour aller voir un chirurgien il faut te faire opérer pour l'enlever au plus vite". Hein quoi pardon? et il m'explique le processus. Hum pas bon : 1 trou énorme et 2 mois de soin.

RDV au plus vite avec le chirurgien et on définit une date mi-avril pour l'intervention. La galère commence car je vais sur internet me renseigner un peu sur ce fameux kyste pilonidal. Grosse erreur : le médecin me parle de 6 à 8 semaines de cicatrisation, sur le net jamais avant 12 semaines, un collègue de travail me raconte son expérience : 4 mois. Et m... mes vacances début juillet risquent d'être compromises, un nouveau service vient d'être créé à mon travail et on me propose la direction, çà va pas le faire si je suis absent 2 mois pour commencer. C'est décidé j'appelle le chirurgien et je reporte à la rentrée.

Ce sera pour le 22/11. J'y suis, un dernier bisou à ma femme et mes enfants (on sait jamais)et je rentre à l'hopital à 16h, intervention prévue à 18h. J'ai pas mangé, bu et surtout fumé de la journée (j'avais mis un patch, ce qui a bien fait marrer les infirmières) et on m'emmène dans ma chambre. Moins d'une heure plus tard on vient me chercher : bizarre pas de douche à la bétadine et personne n'est venu me raser les fesses ( ils le feront en bas pas grave).
On me place dans la salle d'op et l'anesthésiste me pique et dodo.

J'entends une voix et je me réveille dans un brouillard (pas grave je me suis réveillé, c'est le principal) et on me ramène dans ma chambre. Je demande à boire mais il faut encore attendre (çà aura des conséquences un peu plus tard). 2-3 coups de fil auxquels je ne capte rien mais tout le monde est rassuré.
L'infirmier de nuit vient se présenter et me demande sur 1 échelle de 1 à 10 la douleur ressentie afin de savoir s'il doit me donner de la morphine tout de suite. A ces mots alors que je sens rien du tout, ma douleur approche de suite le 8 (je sais j'ai un peu honte, mais j'ai déjà goûté la morphine à l'hopital et j'en garde un bon souvenir). piqûre faite je me rendors de suite.

Et voilà les ennuis qui commencent. Impossible d'aller uriner toute la soirée et la moitié de la nuit et à 4h30 réveil car douleur dans les reins. Je suis en train de faire une crise de coliques néphrétiques et un calcul me fait mal à vouloir sortir(1er problème médical qui apparaît au mauvais moment) heureusement que j'ai pris la morphine, tout va bien la douleur est supportable et j'arrive à me rendormir.

Réveil à 6h pour la température, pas de douleurs et j'arrive toujours pas à uriner.

8h le petit dèj arrive, pas de douleurs et après 10 minutes de concentration devant les toilettes, j'ai réussi à uriner et pas besoin de sonde. Merciiiiiiiiiiii.

10h le chirurgien passe me dire que tout s'est bien passé et qu'il n'y avait que 2 sorties et que le trou fait : H 4cm, larg 3cm et 4cm de profondeur et que je peux rentrer chez moi et commencer les soins. Cooool c'est un tout petit trou.

Ma femme arrive et me ramène. 1ère journée à la maison tranquille, je ne cours pas mais je marche quasi normalement, je peux m'asseoir sur les chaises sans problème, je monte les escaliers, je vais à la selle, j'ai donné le bain aux enfants, il n'y a que pour uriner où je dois toujours me concenter.

2ème jour : L'infirmier à domicile arrive et me change le pansement en me disant que le trou est vraiment petit, la plaie très propre et que les premiers jours sont les plus douloureux. Cooooool j'ai rien senti. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes à part mes crampes abdominales assez fortes dù certainement aux anti-douleurs que je dois prendre le matin et soir pendant 4 jours ( 2ème problème médical réveillé au mauvais moment : mon ulcère duodonal découvert il y a 18 ans en même temps que mes calculs rénaux). Mais à 13h30 je dois retourner à la selle et là CATASTROPHE : hémorragie, du sang n'arrête pas de couler, j'appelle ma femme à la rescousse et on (surtout elle, moi je flippe)répare çà du mieux possible et je rappelle l'infirmier du matin qui arrive 2h plus tard. Le sang s'était un peu arrété de couler quand j'étais couché mais là c'est reparti de plus belle. 1/2 heure de compression ne change rien, le verdict tombe, je dois retourner à l'hosto.

J'arrive aux urgences et explique gentiment ma situation et on me réponds d'aller au secrétariat de mon chirurgien qui se trouve à l'hopital en ce moment. Je m'y rends un peu difficilement et à contre coeur et là on me dit que le docteur est parti et que je dois retourner aux urgences.
J'y retourne, un peu bète et discipliné, et là avant toute chose on me réclame ma carte vitale. Je me décide enfin à plonger ma main à l'arrière de mon pantalon et la ressort ensanglantée. Ca y est on m'installe sur un brancart et pendant une heure 2 infirmières se relais pour faire un point de compression à l'intérieur de la plaie. Rien n'y fait ça saigne dès qu'elles arrètent d'appuyer alors un docteur arrive et me fait un pansement de compression de "dingue" car il n'a pas de moyens pour me suturer. Le pansement me fait un mal terrible et m'empêche totalement de bouger et je suis à nouveau hospitalisé.

Nuit horrible, impossible de bouger, mal au moindre mouvement, pas plus d'une heure de sommeil de suite et les anti douleurs ne fonctionnent pas.

Lendemain matin j'attends mon chirurgien pour qu'il vienne me suturer et là j'apprends qu'il a donné comme consigne de me laissé sortir vu que cela saigne plus et que l'on se revoit lundi pour voir l'évolution. Conclusion je reste tout le Week end chez moi avec ce pansement qui m'empêche de bouger et la crainte que cela peut resaigner à tout moment.

Lundi matin, après 1 week-end horrible durant lequel j'ai dû me gaver d'anti-douleur car trop insupportable, l'infirmier change le pansement pour la 1ère fois depuis 3 jours et il reste une pointe de sang qui coule au fond de la plaie. 16h c'est mon rdv avec le chirurgien qui après examen, me dit que tout va bien cela ne devrait plus saigner et que je peux rentrer chez moi sans nouvelle intervention mais que pour commencer les pansements se feront tous les 2 jours.
Mardi matin, changement de pansement et là très très grosse douleur une bonne partie de la journée et surprise le soir, mon caleçon rempli de sang séché, mais çà n'a plus l'air de saigner.
Je rappelle tout de même l'infirmier pour rechanger le pansement le lendemain car trop de sang.
Mercredi matin changement de pansement et encore très grosse douleur plus l'appréhension qui me fait serrer les fesses et ce qui accroît la douleur.
Jeudi : journée nickel, sauf le soir au coucher car le pansement à commencer à se détacher après 2 jours et le dessus de la plaie se trouve à l'air libre. Vivement demain matin.
Eh bien non je regrette ces pensées car le 3ème changement aura été le pire, j'ai fait un malaise, vomi, diarhée, sueur froide et à moitié tombé dans les pommes le tout à 11h20 juste au moment où ma femme devait partir chercher les enfants à l'école.
Samedi ça va, mais l'infirmier vient demain matin et je ne sais pas comment cela va se passer.....

Voilà, en conclusion, l'opération en elle-même ne fait pas mal, le lendemain tout va bien, c'est après que cela se complique, concernant mes saignements, c'est très rare (il a fallu que ça tombe sur moi). D'après ce que j'en sais la taille des plaies est différente pour tout le monde et çà on ne le sait qu'après la chirurgie. Sinon moi à part l'angoisse de resaigner, je peux marcher tout doucement, je monte et descends les escaliers sans trop de problèmes, je prends des douches avant chaque changement de pansement, sinon lavage au gant, je vais à la selle tous les jours mais je fais debout et je reste couché sur mon canapé la majorité de ma journée et je ne m'assois toujours pas (plus par crainte du saignement) alors je mange debout.
Voilà désolé pour la longueur, je me suis laché et je voudrais également remercier ma femme pour son courage et sa bienveillance car en plus de nos 2 enfants de 3 et 5 ans elle s'occupe à plein temps de son chéri et c'est pas le plus facile à gérer.
Bon courage à tous ceux qui vont y passer

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